Fin de l’histoire pour le souverainisme québécois ?

Par Augustin Belloc
Le 24 juillet 1967 à Montréal. En déplacement au Canada, Charles de Gaulle se présente au balcon de l’hôtel de ville. En conclusion d’un discours sur l’amitié entre la France et le Canada français, il se fend d’une phrase qui fait désormais partie de l’histoire : « Vive le Québec libre! ». Cette saillie intervient à un moment charnière de l’histoire des francophones d’Amérique du Nord : le basculement vers le souverainisme.

Engager la grande bifurcation, oui mais comment ? (1/2)

Par Hugo Guiraudou
L’ouverture d’un nouveau cycle contestataire, observable depuis quelques années à travers le mouvement des Gilets jaunes, les manifestations pour le climat et la montée en puissance des revendications féministes, replace sur le devant de la scène les affrontements idéologiques entre partisans des luttes sociales et partisans des luttes culturelles. Plutôt que de s’en tenir à cette alternative stérile, le présent article vise à identifier un lieu (l’Etat social) et des moyens stratégiques permettant d’articuler ces luttes autour d’objectifs communs et d’une pensée de la bifurcation historique.

Le populisme de Podemos : mirage politique ou solution démocratique ?

Par Lluis de Ndal, traduction par Rafael Karoubi
rebours des clichés qui sont diffusés à l’encontre du populisme, Podemos a agi, d’une certaine manière, comme une force de régénération pour la démocratie espagnole, contribuant à l’assainir et à restaurer sa légitimité après une rupture entre institutions et citoyens, enclenchée lors de la dépression économique de 2008 et du mouvement des Indignés du 15 mai 2011 (15-M) dont la principale revendication se résumait en cette phrase : « Démocratie réelle maintenant! ». Neuf ans après ce mouvement de protestation et six ans après l’émergence de Podemos, force est de constater que le système politique espagnol est plus démocratique qu’auparavant et que la participation électorale a repris des couleurs : au lieu d’affaiblir les institutions démocratiques, comme le dénoncent ses détracteurs, Podemos les a en réalité renforcées.

La République sociale a-t-elle encore les outils pour convaincre ?

Par Valentin Mollette
Parler de la République aux jeunes d’aujourd’hui, notamment aux jeunes de gauche, se révèle être un exercice bien périlleux pour qui ose s’y risquer. Biberonnés à des concepts hors-sol, enveloppés dans leurs certitudes, bien à l’abri du monde et de leurs propres contradictions, nombreux sont ceux qui, aux prémices de leur politisation, décident de prendre leurs distances avec le projet républicain. Trop anachronique, trop connotée, trop conservatrice ou trop autoritaire, la République est la cible de toutes les attaques. Pourtant, et c’est l’objet de cet article, les lignes de fracture qui scindent actuellement la jeunesse de gauche ne font que préfigurer les affrontements idéologiques de demain. 

Le modèle agricole français : entre crise et renouveau

Par Inès Heeren
La crise du coronavirus a révélé les faiblesses de nombreux secteurs. Le monde agricole agroalimentaire s’est retrouvé sur le devant de la scène avec des rayons de supermarchés dévalisés, un appel aux citoyens à aller « aux champs », du lait jeté quotidiennement…Face à ces défaillances, de nombreuses questions se soulèvent. Nous interrogeons Romain Dureau, agroéconomiste et cofondateur d’un laboratoire d’idées au service de la transformation écologique, de l’agriculture et de l’alimentation : Urgence Transformation Agricole et Agroalimentaire (UTAA). 

La décentralisation et l’aménagement du territoire : comment remédier à l’échec écologique ?

Par Rafael Karoubi
Conçu comme un remède au malaise démocratique et à un aménagement vertical et peu harmonieux du territoire, la décentralisation n’est pas exempte de critiques : confiscation de la parole citoyenne, bétonisation accrue, artificialisation des sols accélérée au bénéfice des intérêts des entreprises du CAC40… Repenser les relations entre Etat, collectivités territoriales et citoyens s’avère nécessaire pour remédier à l’échec écologique. 

Retrouver la voix du peuple : le tirage au sort, un outil démocratique adéquat ?

Par Ella Michelleti
A l’heure où la confiance se réduit comme peau de chagrin, où le fossé des inégalités s’élargit au point de causer des fractures brutales au sein de la communauté nationale, l’urgence pour le peuple est de se réapproprier un espace dans le champ politique et décisionnel. Plusieurs outils peuvent être mis en oeuvre, y compris celui du tirage au sort, afin de favoriser une meilleure participation et une meilleure représentativité des citoyens. Mais renforcer l’engagement des Français en utilisant le hasard est-il pertinent ?