Zéphyrin Camélinat, Commun Commune

Zéphyrin Camélinat, monteur en bronze, né en 1840, fut le premier candidat du Parti Communiste à une élection présidentielle, en 1924. Figure de la Commune, où il fut directeur de la monnaie, Camélinat a tout connu des soubresauts de la Gauche de la fin du XIXe siècle et du début du XXe.

Portrait.

Né à Mailly la Ville, le 14 septembre 1840, Zéphyrin est le fils de Rémy Camélinat, tailleur de vigne, dit Camélinat le Rouge ou Camélinat le Républicain.

Le socialisme dans le sang.

A 17 ans, il déménage à Paris où il travaille dans un premier temps comme fabricant de tubes de cuivre puis comme ouvrier bronzier. En parallèle, il apprend l’anglais aux Arts et Métiers, met un pied dans le syndicalisme et fit la connaissance de Proudhon. Doué, adroit, consciencieux, Camélinat devint vite une référence dans son métier. Charles Garnier fit appel à lui durant cinq ans afin d’exécuter les palmes de bronze du nouvel opéra.

Signataire du Manifeste de Soixante, Camélinat est mobilisé lors de la Guerre de 1870.

La Commune démarre. Elle le rattrape.

Camélinat est nommé directeur de la monnaie et fait graver sur les pièces une nouvelle devise : « Travail. Garantie nationale. ».

Arrive la débâcle. Les Versaillais triomphent. Camélinat se bat jusqu’au bout. Il se lie d’amitié avec Jules Vallès, futur auteur de l’Insurgé. La répression ne le rattrape pas, il s’exile à Londres comme de nombreux communards. Il y exerce son métier de bronzier et y fréquente le cercle des expatriés, nombreux à Londres. La Réaction le condamne en 1872 à la déportation. Il ne sera gracié que 7 ans plus tard, puis rentre en France en 1880.

Dans un mouvement socialiste naissant, Camélinat prend toute sa place et participe à la naissance de la SFIO tout en reprenant ses activités syndicales des ouvriers bronziers dont il organise une grande grève en 1882.

En 1885, il est candidat à la chambre des députés, sur une liste républicaine large comprenant également la candidature de Georges Clemenceau. Camélinat est élu. Cette élection considérée par Engels comme un grand événement.

A l’Assemblée, militant infatigable, le député se bat pour la réforme de la Constitution, l’indemnisation des accidents du travail, la gratuité de la justice, la limitation du travail des enfants. Il porte également une des premières tentatives de Loi de Séparation de l’Église et de l’État. Le député-militant soutient depuis la Tribune les mineurs de Decazeville. Victime du manque d’unité de la famille socialiste, il est battu successivement aux législatives de 1889,1893,1898,1902 et 1906.

Il prend alors sa part dans le processus d’unification des socialiste français, notamment en participant à la naissance de la SFIO. Président en avril 1905 du premier Congrès de la nouvelle maison, il en devient le trésorier. Partisan de l’Union Sacrée en 1914, démissionnant de son poste de trésorier en 1916, Camélinat se rallie ensuite aux partisans de la scission au Congrès de Tours.

Le voilà communiste.

« Camélinat le Communard » devient ainsi une légende du PCF.

Transmettant les actions de l’Humanité qui sont les siennes, au PCF ainsi que celles qu’il détenait au nom de la SFIO, il favorise le passage du quotidien sous l’autorité du Parti. Ainsi né la légende : « Camélinat apporte l’Humanité au PCF ».

Légende qui n’a depuis jamais été démenti.

Juin 1924, Camélinat est candidat à l’élection présidentielle. Premier candidat communiste de l’histoire, l’ancien communard est battu par Gaston Doumergue de seulement 21 voix.

Battu par Alexandre Millerand aux élections sénatoriales de 1925, Camélinat le rouge quitte la vie politique et devient président de l’Association des anciens combattants et amis de la Commune de Paris. Il meurt en 1932.

Cent ans après sa candidature à l’élection présidentielle, Camélinat reste une figure importante du Parti Communiste Français, et de la gauche en général. Ouvrier devenu homme politique, militant devenu candidat, Camélinat représente ce qui fait la fierté du mouvement socialiste français.

Peu connu du grand public, son image reste pourtant indissociable d’une des plus belles et des plus importantes périodes de l’histoire de France : La Commune.

Vive la Commune.

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