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Elaborer un nouvel horizon politique passe par un inventaire lucide et honnête des expérimentations citoyennes et appareillages institutionnels, fussent-ils des impasses. C'est, en quelque sorte, une éthique qui domine ce media : une attention aux noeuds et brèches dans les structures économiques et politiques ; un soin dans le repérage des leviers d'action et de mobilisation. Une éthique résolument politique puisqu'elle vise l'édification d'une stratégie, d'un cadre favorisant l'avènement du temps des ruptures.

Retours en images sur notre soirée du 08 octobre 2021

EDITO : DEBOUT LES FEMMES !

Par Mathilde Nutarelli

Au cours des derniers mois, de nouvelles affaires de violences à l’égard des femmes ont émergé. Du lancement du #MeTooPolitique à l’affaire PPDA, du #MeTooThéâtre à la création du collectif Double Peine et à l’appel du boycott des boîtes de nuit en Angleterre et en Belgique, il est de plus en plus évident qu’aucun milieu ne sera épargné. Et ce n’est pas surprenant, puisque les violences faites aux femmes sont érigées en système et que la prise de conscience collective est très progressive.

La lutte contre ces violences n’est cependant pas née avec la récente mise au jour dont elle a bénéficié ces dernières années. Les militantes féministes luttent depuis des décennies contre les violences conjugales, les agressions sexuelles, les vexations et les humiliations. Dès 1922, les féministes soviétiques parviennent à criminaliser le viol conjugal. Les pionnières du MLF se battaient déjà pour faire comprendre que la violence contre les femmes n’est pas une fatalité, mais un drame social qui peut, doit être éradiqué.

A l’heure où l’extrême droite cherche à récupérer le combat féministe et se sert de la lutte contre les violences faites aux femmes pour défendre son agenda identitaire et xénophobe, il ne faut pas se tromper. Nous devons réaffirmer sans crainte que le féminisme est à l’opposé de tout essentialisme, qu’il soit envers les femmes, les hommes, les étrangers ou les musulmans : un sexe, une nationalité ou une religion ne sauraient définir complètement l’individu et ses actes. Il faut rappeler haut et fort que le féminisme, comme l’universalisme, a pour but l’émancipation collective. Plutôt que de laisser la voix aux identitaires qui ont perturbé la marche féministe du 20 novembre, il faut donc saluer l’espoir qu’elle représente. Car ce cortège jeune, joyeux, mélangeant les générations et les genres est le signe que le féminisme a de beaux jours devant lui et que la lutte est loin d’être enterrée.

Ce cortège, et les autres avant lui, sont aussi le signe que la société peut être en avance sur ses lois et ses responsables politiques. Que la rue qui parle est entendue, même si ce n’est pas au sommet de l’Etat. Que la solidarité et l’entraide qui naissent entre celles qui ont été agressées sont capables de faire tomber des murs de silence. Aujourd’hui, il est difficile de croire à une marche de l’Histoire vers le mieux, et pourtant. L’élan qui s’est manifesté samedi et qui continue à se manifester, qui rassemble au-delà des âges, des genres, des quartiers, ne peut pas être arrêté.

En cette journée internationale de lutte pour l’éradication des violences à l’égard des femmes, il est donc plus que jamais nécessaire de rappeler notre soutien à ce mouvement. Le fait de naître femme ne doit plus être un danger. Nous devons être intransigeants, refuser la complaisance envers les agresseurs, dans tous les milieux. Alors debout les femmes, et tous les autres !

Dans le prochain numéro du Temps des Ruptures, un article sera consacré au sujet des féminicides et de la lutte contre les violences faites aux femmes.

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entretiens

Vous retrouverez ici l'ensemble de nos entretiens, toutes rubriques confondues.

République & Ecosocialisme

« Le pacte de discrétion laïque » entretien avec Jean-Eric Schoettl

« Jean-Eric Schoettl est conseiller d’Etat et ancien secrétaire général du Conseil constitutionnel (1997-2007). Il est, depuis les années 90, membre de la doctrine publiciste française, et également membre du Conseil des sages de la laïcité, rattaché au ministère de l’Education nationale. Avec son expérience juridique, il a développé plusieurs idées sur la laïcité. Dans cet entretien, il nous parle du « pacte de discrétion laïque ».

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République & Ecosocialisme

La rubrique République et Écosocialisme a pour but d’enrichir la réflexion sur le modèle républicain et sur son organisation. Nous souhaitons, à travers elle, dessiner une République réellement sociale, laïque, fraternelle et à la hauteur des enjeux écologiques que pose le futur.

République & Ecosocialisme

La liberté chez Marx, un horizon inaccessible ?

« Je déteste le communisme, parce qu’il est la négation de la liberté et que je ne puis concevoir rien d’humain sans liberté ». C’est en ces termes que le penseur et révolutionnaire anarchiste Bakounine décrit et décrie la théorie politique élaborée par Karl Marx (1). Les anarchistes de la Ie Internationale ont toujours affirmé que son idée de la dictature du prolétariat conduirait nécessairement à un régime autoritaire, quand bien même serait-elle rouge. Paradoxal, lorsqu’on sait que Marx érige la liberté en principe essentiel du communisme. Tout l’enjeu de notre article est alors d’étudier le rapport du – ou des – marxismes avec la liberté et l’égalité, et l’articulation entre ces deux principes.

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état & Transition

État et Transition est la rubrique qui traite de la réforme de l'État et des institutions ainsi qu'à la mise en place de politiques publiques d'un point de vue opérationnel et tangible.Cette rubrique décline tous les enjeux et composantes de la souveraineté : réindustrialisation, planification, monnaie, agriculture. Tout ce qui implique la transformation et la transition de nos mode de vie et de l'État comme moyen et pilier de cette transition à travers une planification sociale et écologique et d'une réorganisation du territoire.

Etat & transition

Hayek dans la jungle des cryptomonnaies : faut-il interdire le bitcoin ?

« Hausse spectaculaire », « bulle spéculative », « crack dramatique » : depuis quelques années c’est au rythme des fluctuations extrêmes du cours du bitcoin que le grand public a progressivement appris l’existence des cryptomonnaies. Tantôt enthousiasmés par des perspectives de profit démentielles, tantôt effarés par la volatilité des cours ou encore suspicieux face à ce qui ressemble parfois à une énième mode de la « tech » : les citoyens, les institutions financières et les Etats sont décontenancés face à l’irruption de ces cryptoactifs fondés sur des technologies de pointe – les blockchains fondées sur la cryptographie – et dont les cours varient au gré des déclarations des banques centrales ou des tweets d’Elon Musk… Mais quel projet servent ces cryptomonnaies, quelle est leur genèse ? Et surtout, comment les appréhender politiquement alors qu’elles prétendent concurrencer la souveraineté monétaire des Etats ?

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Stratégie & bifurcation

Bâtir une stratégie pour conquérir le pouvoir ne se fait pas sur un coin de table en additionnant des tranches sociologiques dans un jeu électoral étriqué. C’est là une parodie dans laquelle on confond tactique et stratégie, et l’on prend l’électeur pour un veau. Redonner de la consistance à un champ politique qui s’étiole et s’affaisse demande de la patience pour construire une vision, un récit. Des concepts neufs ou bien renouvelés, des catégories différentes et des axiomes parfois divergents, nous devons nous aventurer sur tous les chemins avant d’engager la bifurcation. Grands récits, peuple, nation, radicalité, imaginaire, mythe, évènement, temporalités, tous ces concepts bien connus, toutes ces béquilles intellectuelles, nous voulons les réexplorer, les réinvestir. De ces pérégrinations nous souhaitons faire émerger un sens, pierre de touche d’une stratégie en construction.

Stratégie & bifurcation

Engager la grande bifurcation, oui mais comment ? (1/2)

Par Hugo Guiraudou
L’ouverture d’un nouveau cycle contestataire, observable depuis quelques années à travers le mouvement des Gilets jaunes, les manifestations pour le climat et la montée en puissance des revendications féministes, replace sur le devant de la scène les affrontements idéologiques entre partisans des luttes sociales et partisans des luttes culturelles. Plutôt que de s’en tenir à cette alternative stérile, le présent article vise à identifier un lieu (l’Etat social) et des moyens stratégiques permettant d’articuler ces luttes autour d’objectifs communs et d’une pensée de la bifurcation historique.

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Luttes d'hier & Luttes d'ailleurs

Les luttes s’expriment de multiples manières autour de divers sujets (pour un système plus juste, contre un régime politique, un oppresseur, un modèle d’organisation, des conditions de travail, des politiques publiques, pour l’autodétermination, etc.), en tout temps et tout lieux. La rubrique luttes d’hier & luttes d’ailleurs a pour objectif d’offrir un panorama de ces luttes, de constituer « un laboratoire d’action politique » et de mettre en avant divers combats, parfois oubliés, parfois éloignés ainsi que les outils de ces luttes.

Luttes d'hier & Luttes d'ailleurs

La gauche équatorienne face à la gestion des ressources naturelles

Par Vincent Arpoulet
L’arrivée de Rafael Correa à la tête de l’Equateur en 2006 s’inscrit dans une rupture par rapport aux gouvernements précédemment élus et leurs mesures néolibérales. Cela s’est traduit notamment par une réforme constitutionnelle qui a renationalisé une importante partie du secteur pétrolier dans le but d’utiliser les revenus de cette activité pour financer la lutte contre les inégalités. Pour autant, ce sujet divise au sein de la gauche équatorienne : les corréistes sont favorables à un « état fort et centralisé » utilisant les revenus extractifs pour mener des réformes, quand une autre partie de la gauche voit en l’extractivisme le « cheval de Troie » du capitalisme, favorisant l’accumulation des richesses pour un petit nombre.

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Culture

la rubrique « Culture » est destinée à mettre en avant la dimension politique de productions culturelles de tout ordre. Film, exposition, livre ou objet d’étude plus insolite, nombreuses sont les œuvres à portée politique. Cette rubrique est également ouverte aux articles et entretiens qui entendent aborder la question des politiques publiques culturelles. Une œuvre d’art peut, parfois, éveiller en nous une fibre politique que d’autres médias n’atteignent pas.

Culture

Une chambre à soi de Virginia Woolf

Une chambre à soi, close, où rien n’interrompt le fil de la pensée, et cinq cents livres de rente. Voilà ce qui apparaît, aux yeux de Virginia Woolf, nécessaire pour devenir écrivaine. Si peu, et pourtant inaccessible pour la majorité des femmes au début du XXe siècle. Une chambre à soi est un fabuleux essai qui aura marqué de son empreinte des millions de femmes – et d’hommes – depuis bientôt cent ans. Entrons dans l’univers woolfien.

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