
Nous soutenir Frédéric Faravel, membre de la direction nationale de la Gauche Républicaine et Socialiste, analyse la situation de l’Europe, prise en étau entre l’agression russe à l’Est et les ambitions prédatrices de l’administration Trump
Alors que les prix de l’électricité ont enregistré de nombreuses hausses insoutenables ces dernières années pour les ménages et les entreprises, du fait notamment de la guerre en Ukraine et de l’organisation du marché de l’électricité européen[1], le gouvernement échoue encore à les réguler. Au contraire, il a proposé dans le projet de loi de finances 2025 d’augmenter les taxes.
Pourtant en dépit de ces augmentations, le gouvernement indique que les prix vont baisser d’environ 10%, pour les ménages et entreprises qui bénéficient du tarif réglementé. Rien n’est moins sûr pour ceux qui n’en bénéficient pas.
De quoi se compose le prix de l’électricité ?
Le prix de l’électricité peut être découpé en trois catégories : la fourniture de l’électricité (plus de 50% du prix en moyenne) ; la TURPE (tarif d’utilisation du réseau public d’électricité) qui n’est rien d’autre qu’un « péage » payé au gestionnaire pour pouvoir emprunter ses infrastructures et acheminer l’électricité du fournisseur jusqu’au domicile ; et différentes taxes (la TVA ou encore ce que l’on appelle l’accise).
L’augmentation va porter sur deux catégories :
Le message est inaudible pour les Français et les Françaises : comment est-il possible que les prix baissent tout en augmentant les taxes ? Il est d’ailleurs impossible de savoir si la baisse des prix du marché sera pérenne. Qui peut prédire l’avenir ? Nous ne sommes pas à l’abri d’une nouvelle crise comme en 2022. Le gouvernement fait donc un pari risqué.
La contre-productivité des orientations gouvernementales
Au-delà du caractère inaudible du message, ces augmentations sont contre-productives à plus d’un titre.
D’abord, la baisse des prix du marché aurait pu permettre aux ménages et aux entreprises de reprendre leur souffle et baisser leurs dépenses dans ce domaine. Pourtant, il n’en est rien.
Ensuite, alors que l’électrification des services (notamment des transports, ou encore du secteur du bâtiment) est un réel levier pour réduire nos émissions de gaz à effet de serre en France, ces augmentations vont en sens inverse. Pour rappel, cette électrification serait d’autant plus intéressante que la France produit une énergie décarbonée.
Par cette proposition, le gouvernement a décidé de rembourser le déficit, creusé non pas par des dépenses excessives mais par des choix politiques de baisse des recettes, sur le dos des ménages et des entreprises.
Références
[1] Voir pour plus d’explications sur son fonctionnement, l’article de David Cayla : https://letempsdesruptures.fr/index.php/2023/01/11/comment-et-pourquoi-le-marche-de-lelectricite-a-deraille/
[2] https://www.cre.fr/actualites/toute-lactualite/la-commission-de-regulation-de-lenergie-confirme-lactualisation-du-turpe-au-1er-novembre-2024-et-propose-de-reporter-exceptionnellement-cette-evolution-dans-les-tarifs-reglementes-de-lelectricite-au-1er-fevrier-2025.html
A lire aussi…

Nous soutenir Frédéric Faravel, membre de la direction nationale de la Gauche Républicaine et Socialiste, analyse la situation de l’Europe, prise en étau entre l’agression russe à l’Est et les ambitions prédatrices de l’administration Trump

Pour une justice restaurative — Entretien avec May Fournier
Nous soutenir Si la justice restaurative s’impose progressivement dans les débats contemporains sur le traitement du crime, elle demeure entourée de malentendus et de suspicions. Elle interroge pourtant en profondeur les fondements mêmes de notre

L’Œil le plus bleu de Toni Morrison
Plonger dans l’histoire violente des États-Unis et dans le quotidien de familles africaines-américaines, plonger dans une écriture originale et se laisser surprendre par chaque personnage. Plonger, c’est ce que nous propose Toni Morrison dans son

SNU – Quand la République parle d’un monde redevenu impérial
En affirmant que « nos jeunes serviront en métropole et dans nos outre-mer », le Président n’emploie pas une formule neutre. Derrière ce pronom possessif se dessine une géographie politique héritée de l’histoire impériale, où
Lire aussi...

Nous soutenir Frédéric Faravel, membre de la direction nationale de la Gauche Républicaine et Socialiste, analyse la situation de l’Europe, prise en étau entre l’agression russe à l’Est et les ambitions prédatrices de l’administration Trump

Pour une justice restaurative — Entretien avec May Fournier
Nous soutenir Si la justice restaurative s’impose progressivement dans les débats contemporains sur le traitement du crime, elle demeure entourée de malentendus et de suspicions. Elle interroge pourtant en profondeur les fondements mêmes de notre

L’Œil le plus bleu de Toni Morrison
Plonger dans l’histoire violente des États-Unis et dans le quotidien de familles africaines-américaines, plonger dans une écriture originale et se laisser surprendre par chaque personnage. Plonger, c’est ce que nous propose Toni Morrison dans son

SNU – Quand la République parle d’un monde redevenu impérial
En affirmant que « nos jeunes serviront en métropole et dans nos outre-mer », le Président n’emploie pas une formule neutre. Derrière ce pronom possessif se dessine une géographie politique héritée de l’histoire impériale, où