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Une néofasciste au pouvoir : une histoire démocratique italienne (partie 2)

C’est en constatant la nette victoire de la néofasciste Giorgia Meloni, désormais nouvelle femme forte de la coalition de « centre-droit », que l’Italie s’est réveillée le lundi 26 septembre 2022. Bien que cette victoire fût présagée plusieurs semaines auparavant, elle n’en constitue pas moins un fait politique inédit. Cet article en 2 parties revient sur les racines de cette victoire et évoque les perspectives de la gauche italienne.

Enrico Berlinguer, secrétaire général du Parti Communiste italien, et Aldo Moro, Président de la Démocratie Chrétienne, artisans du « Compromis historique » © Crédits photos

Chronique et perspectives de la gauche italienne
Années de rêves et années de plomb : l’impossible conquête du pouvoir de la gauche

La question de la prise du pouvoir par la gauche et du gouvernement qu’elle devait mener s’est posée dès la Libération. Dans un contexte d’affirmation et d’hégémonie de la Démocratie chrétienne sur la politique italienne, le rapport que devait entretenir la gauche au grand parti centriste après la fin de la coopération sous le gouvernement provisoire s’est avéré être le principal enjeu de stratégie et de débats au sein de la gauche italienne.

Le PSDI a scissionné du PSIUP précisément pour s’éloigner du PCI et pour soutenir les démocrates-chrétiens. Le PSIUP, redevenu PSI après la scission de son aile droite pour former le PSDI, maintient dans un premier temps sa proximité avec le PCI et fait donc le choix de rester dans l’opposition. Compte tenu de la division du camp réformiste entre un PSDI social-démocrate et un PSI réformiste se revendiquant toujours du marxisme, le PCI s’affirme comme le grand parti de la gauche italienne de l’après-guerre.

L’affirmation de l’aile conservatrice de la DC en lieu et place de la politique centriste et timidement réformiste que De Gasperi avait tenté de promouvoir a quant à elle pour corolaire une montée du cléricalisme dans la société italienne, que De Gasperi avait à l’inverse précisément essayé de freiner. Ainsi se développe une censure affectant les spectacles et publications intellectuelles jugés « contraires aux bonnes mœurs », frappant également le cinéma italien. C’est ainsi que le jeune Secrétaire d’État Giuilo Andreotti, dirigeant l’Office central pour le cinéma, contrôle les œuvres cinématographiques contre les « erreurs dogmatiques » ou la nudité. En 1949, Andreotti est promoteur d’une loi censée ralentir la pénétration du cinéma américain en Italie en établissement des quotas sur les écrans de cinéma italiens et en octroyant des prêts spéciaux pour les sociétés de production italiennes. Néanmoins, pour pouvoir souscrire à un de ces prêts, il est nécessaire de soumettre le scénario du film en production à un comité dépendant du gouvernement, qui doit ensuite l’approuver pour autoriser le prêt. Le but de ce comité est de favoriser les films apolitiques et donc de freiner le mouvement cinématographique du néoréalisme, alors en pleine émergence et politiquement engagé à gauche. Cette politique n’est pas sans soulever de résistances, y compris au sein de la DC du côté de l’aile gauche.

Dans ce contexte, le PSI, fragilisé par son alliance avec le PCI compte tenu du début de la guerre froide, prend progressivement ses distances avec celui-ci pour se rapprocher de l’aile gauche de la DC. Cela se caractérise notamment par la présentation d’une liste PSI autonome menée par son secrétaire général Pietro Nenni aux élections générales de 1953, alors que le PSIUP et le PCI avaient auparavant mené une liste commune en 1948. Cette main tendue du PSI est favorablement accueillie par l’aile gauche de la DC, qui souhaite un recentrage du régime italien vers la gauche. Cette tendance progressiste de la DC est notamment incarnée par Amintore Fanfani et Aldo Moro, le premier étant un universitaire spécialiste d’Histoire économique et partisan d’un rôle interventionniste de l’État dans l’économie. Les entreprises d’État mènent au même moment une offensive politique par crainte de se voir privatisées par le gouvernement. Ce climat général aboutit à une victoire de l’aile gauche de la DC lors de son congrès de Naples en 1954, Fanfani prenant dès lors la direction du parti.

La mort du pape Pie XII en 1958 et l’élection de son successeur Jean XXIII, plus ouvert que son prédécesseur et disposant d’une fibre sociale marquée compte tenu de ses origines modestes, accélère le processus du glissement vers la gauche de la DC. Ainsi Jean XXIII publie en 1961 une encyclique intitulée Mater et Magistra, critique vis-à-vis du libéralisme et favorable à des mesures sociales dans le sillage de la doctrine sociale de l’Église. La gauche gagne quant à elle du terrain dans les territoires au début des années 1960. Se constituent à cette époque des juntes municipales dans de grandes villes industrielles comme Milan, Gênes ou Florence, dirigées par des coalitions menées par les partis de gauche.

En 1962, Fanfani, alors Président du Conseil, nomme un gouvernement excluant les libéraux du Parti Libéral Italien (PLI) et l’aile droite de la DC. Le PSI accueille favorablement ce signal et le manifeste par une abstention lors du vote de confiance au parlement en lieu et place d’un vote d’opposition. Les socialistes valident en effet le programme présenté par Fanfani, incluant notamment la création de gouvernements régionaux – mesure prévue dans la Constitution se voulant décentralisatrice mais ayant dans la pratique continuellement été repoussée aux calendes grecques –, le développement et la démocratisation de l’école, la nationalisation des industries électriques et une planification économique. Les élections générales de 1963 sanctionnent toutefois cette évolution vers la gauche : le DC subit un net recul tandis que le PLI double son score. C’est vers ce dernier que s’est reportée une partie des traditionnels électeurs de droite de la DC, ainsi que vers le MSI. Fanfani, prenant acte de cet échec électoral, décide de démissionner. Après une brève période de transition, il est remplacé par Aldo Moro, qui décide d’associer le PSI au gouvernement. Pietro Nenni se voit ainsi attribuer la vice-présidence du Conseil.

Le gouvernement Moro dure quatre ans et demi, ce qui constitue à l’époque un record de longévité. Il réalise une bonne partie du programme qui avait été présenté par Fanfani : l’électricité est nationalisée, un plan quinquennal est lancé en 1966 à la demande de Nenni, le métayage est aboli (il n’est désormais plus possible pour les patrons agricoles de retenir prisonniers leurs salariés en renouvelant leurs contrats de facto) tandis que la censure est supprimée. Une vaste opération anti-mafia est également menée, laquelle abouti à l’arrestation de plusieurs parrains. La participation du PSI au gouvernement de la DC suscite néanmoins des remous au sein de son aile gauche. Une scission a ainsi lieu en 1964, une partie de l’aile gauche décidant de quitter le parti pour fonder un nouveau PSIUP, lequel sera toutefois voué à la marginalité politique. De même, l’aile droite de la DC s’agace de ce basculement du grand parti centriste vers la gauche et les partisans de Scelba et Pella ne votent la confiance au gouvernement Moro qu’après avoir exprimé de fortes réticences et sous la menace de sanctions disciplinaires. Malgré des dissensions entre démocrates-chrétiens et socialistes dans le domaine confessionnel – notamment concernant le statut des écoles catholiques privées –, la coalition tient et est même relativement soutenue par l’Église. Ce n’est qu’à partir de 1965 et sous l’influence du nouveau pape Paul VI, plus conservateur que Jean XXIII, que le clergé prend ses distances avec le gouvernement pour renouer avec la frange conservatrice de la DC, notamment suite au projet de loi concernant le divorce.

Si le PSDI puis le PSI s’engagent dans la voie de la coopération avec la frange progressiste de la DC, le PCI fait à l’inverse le choix de l’opposition. Le contexte économique de l’après-guerre et de la reconstruction est en effet très dur sur le plan social, particulièrement dans le sud du pays. L’absence de travail conduit des centaines de milliers d’Italiens à émigrer vers l’étranger ou à venir travailler dans le nord de la péninsule. Un certain nombre d’Italiens du sud montent ainsi dans le nord pour se faire embaucher dans les usines des grandes villes industrielles, notamment à Turin. Ces ouvriers sont soumis à une très forte précarité et sont souvent sans logements, s’entassant dans les gares pour dormir. Outre leur précarité, ils sont également soumis à une ségrégation de la part des Italiens du nord, les propriétaires immobiliers refusant souvent de louer des chambres à des Italiens méridionaux et n’hésitant pas à l’inscrire sur leurs pancartes de location. Cette précarité débouche logiquement sur une forte agitation sociale et sur une montée en puissance progressive du PCI, qui augmente constamment ses scores aux élections générales.

Ces contestations se voient naturellement attisées par l’agitation sociale de 1968. Le mouvement de 1968 a commencé en février en Italie. S’il ne s’est pas caractérisé par un mois de blocage complet de la péninsule comme cela a pu être le cas en France, il s’est en revanche structurée de façon plus éparse mais plus longue pour culminer en 1969. On parle ainsi en Italie de « mai rampant », par analogie avec le mai français, de façon à désigner un phénomène s’étant structuré de façon plus longue mais dont la durée et l’intensité ont été bien plus importantes. De grandes grèves ont ainsi lieu à l’automne 1969 et sont soutenues par le monde étudiant. Contrairement à la France, où les mobilisations étudiantes et ouvrières s’étaient effectuées de façon séparée en mai 68, l’Italie voit une jonction s’effectuer entre les deux mondes. La radicalité de ces contestations est également stimulée par l’université de Trente et ses travaux en sciences sociales, considérés comme une matrice de la radicalisation du mouvement ouvrier. Cette radicalité se fait sentir dans les usines Fiat et Siemens, dont l’occupation est très longue et dont les ouvriers contestent leurs syndicats, les considérant trop enclins au dialogue avec le patronat et n’étant pas assez portés sur l’action concrète. Le PCI reste prudent vis-à-vis de ces mouvements, du fait d’un fossé générationnel entre ses cadres et les ouvriers en grève souvent plus jeunes.

Le 12 décembre 1969 a lieu dans le centre de Milan un attentat à la bombe, dans le hall de la Banque Nationale de l’Agriculture sur la Piazza Fontana. Si cet attentat porte, par son exécution à l’aveugle et par la bombe, les marques du terrorisme néofasciste, il est attribué par le pouvoir démocrate-chrétien à la gauche compte tenu de l’agitation sociale. Plusieurs responsables syndicaux sont ainsi arrêtés. Cet attentat est suivi de divers autres à partir de 1970. C’est dans ce contexte que naissent en octobre 1970 les Brigades rouges, groupe terroriste d’extrême-gauche ayant pris acte du fait qu’une force ennemie s’opposait à l’agitation sociale et souhaitant ainsi répondre à ces attentats effectués par l’extrême-droite. La philosophie d’action des Brigades rouges conçoit en fait celle-ci comme un prolongement des mouvements de sabotages effectués dans les usines lors des grèves, transposé dans le cadre d’une lutte armée contre le pouvoir en place. L’idée s’est développée chez cette frange de la gauche que le vote ne payait pas, comme en attestait alors le gouvernement continu des démocrates-chrétiens depuis la Libération malgré les élections et malgré les mouvements sociaux. Il faut selon eux dès lors prendre le fusil et renverser ce faisant le sens de l’autorité. Ce ne doit plus être à l’ouvrier de craindre le patron ou le contre-maître, mais au contre-maître et au patron de craindre l’ouvrier si celui-ci n’est pas correctement traité. Les Brigades rouges se font connaître par des opérations de séquestrations dans les usines, se mettant en scène en prenant en photo le patron séquestré avec un fusil pointé sur la tempe et tenu par un ouvrier.

Le coup d’État du général Augusto Pinochet au Chili le 11 septembre 1973 acte la séparation entre le PCI et les groupes terroristes d’extrême-gauche. Le PCI arrive en effet à la conclusion qu’une prise de pouvoir démocratique par la gauche est impossible, puisque même si celle-ci gagnait les élections elle se verrait écrasée par l’armée comme ce fut le cas au Chili. La seule possibilité pour la gauche de parvenir à transformer la condition des plus démunis est dès lors de coopérer avec le pouvoir en place, comme l’avaient précédemment fait le PSDI puis le PSI. Ce revirement stratégique du PCI est lancé par son secrétaire d’alors Enrico Berlinguer. C’est le début de la période dite du « compromis historique » entre le PCI et la DC, jusqu’alors adversaires jurés.

L’extrême-gauche terroriste tire toutefois précisément les conclusions inverses du coup d’État chilien : si la démocratie est un combat vain pour la gauche puisque celle-ci se voit écrasée quand bien même elle remporte les élections, il faut au contraire intensifier la lutte armée pour faire tomber le régime en place et réaliser ainsi la révolution. Les terroristes sont effarés par le revirement stratégique du PCI, percevant leur projet d’alliance avec la DC comme contre-nature et vaine entre patronat et ouvriers. Leur séparation du PCI devient définitive lorsque celui-ci, dans l’optique de son recentrage, accepte la trêve syndicale demandée par Agnelli, le patron de Fiat, pour pouvoir restructurer ses usines. Cette restructuration se solde par une vague de licenciements, confortant les groupes terroristes dans l’idée que le revirement stratégique du PCI est édifiant. Les Brigades rouges identifient 3 cibles à abattre : le pouvoir politique (incarné par la toute-puissante Démocratie chrétienne), le pouvoir économique (incarné par le patronat et par le monde de la finance) et le pouvoir militaire (comprenant naturellement l’armée, mais également les forces de police et la justice).

S’ouvre dès lors une décennie de terreur, caractérisée par des enlèvements, des demandes de rançons, des meurtres, tandis que les néofascistes, dans le sillage de l’attentat de Piazza Fontana, mènent de leur côté leur propre campagne de terreur et d’attentats à la bombe pour brouiller les pistes et faire endosser la responsabilité de leurs exactions aux groupes d’extrême-gauche. Ce sont les « Années de Plomb ». Les mouvements néofascistes sont pour partie instrumentalisés par l’État italien pour servir celui-ci et les intérêts américains. Les États-Unis de Richard Nixon et Henry Kissinger ne veulent pas d’un PCI au pouvoir dans un pays clé sur le plan géostratégique – l’Italie étant frontalière de la Yougoslavie et proche de l’Albanie, toutes deux communistes – et voient de ce fait d’un très mauvais œil la poussée électorale continue du PCI depuis la Libération. Les services secrets alimentent ainsi une « stratégie de la tension », visant à semer le trouble par les attentats pour en faire endosser la responsabilité à l’extrême-gauche, mais également pour favoriser une réponse politique de type autoritaire voire un coup d’État, dans le but d’éradiquer l’opposition de gauche. Une officine secrète du nom de Gladio, créée dans les années 1950 par la CIA et par les services secrets italiens, est à cette fin utilisée. Il s’agit d’un groupe paramilitaire secret animé par des généraux italiens et financé par les États-Unis. Ces généraux sont des stay behind chargés de maintenir au besoin l’ordre social et de prévenir une tentative de coup d’État communiste ou une prise de pouvoir du PCI en ripostant immédiatement sur le plan militaire. Les services italiens et américains font également appel à d’anciens cadres du parti fasciste. C’est notamment le cas du Prince Noir Junio Valerio Borghese, associé par Gladio à un projet de coup d’État du même type que celui des colonels en Grèce. Celui-ci est prévu dans la nuit du 7 au 8 décembre 1970 mais est subitement annulé par Borghese lui-même cette nuit alors qu’il est déjà à un stade d’exécution avancé. Les raisons de ce contrordre n’ont jamais été élucidées, même si l’une des hypothèses est que Borghese se serait rendu compte in extremis que ce projet auquel on l’avait associé était un piège : immédiatement réprimé par les forces de l’ordre informées du projet, le coup d’État aurait eu vocation à être fictif et à servir de prétexte, une fois maté, pour promulguer des lois spéciales et asseoir encore davantage le pouvoir de la DC. Parmi les attentats néofascistes à la bombe, on peut notamment citer l’attentat de la piazza della Loggia du 28 mai 1974 à Brescia, ayant fait 8 morts et 103 blessés suite à l’explosion d’une bombe cachée dans une poubelle en pleine manifestation syndicale ; l’attentat du train de nuit Italicus du 4 août 1974, ayant fait 12 morts et 48 blessés suite à l’explosion à 1h23 du matin d’une bombe préalablement déposée dans la cinquième voiture, ou encore l’attentat de la gare de Bologne en 1980, ayant fait 85 morts et 200 blessés.

Le PCI, mené par Berlinguer, amorce quant à lui un rapprochement progressif avec la DC. Il se sépare ainsi de l’URSS pour adopter aux côtés du PCE espagnol et du PCF la stratégie dite de l’eurocommunisme, consistant à proposer une offre politique de transformation du capitalisme distincte du communisme soviétique. Une rencontre a ainsi lieu à Madrid en 1977 entre Enrico Berlinguer, l’Espagnol Santiago Carillo et le Français Georges Marchais. Cette stratégie s’avère payante, le PCI poursuivant sa poussée électorale et atteignant plus de 34% des suffrages aux élections générales de 1976, tandis que le PSI s’écroule à moins de 10% des voix. La DC demeure quant à elle en tête à 38% mais est alors en perte d’influence et son score constitue un recul, payant notamment l’échec de son référendum sur l’abrogation du divorce, contre lequel les Italiens se sont massivement prononcés. Dans ce contexte, Aldo Moro, alors secrétaire général de la DC, se montre partisan d’une entrée progressive des communistes au gouvernement, tout comme il l’avait précédemment été avec le PSI dans les années 1960. Les communistes, de leur côté, accueillent le nouveau gouvernement, mené par le démocrate-chrétien conservateur Giulio Andreotti, par une abstention favorable lors du vote d’investiture. C’est la première étape du compromis historique tel que pensé par Moro.

Mais le 16 mars 1978, Moro est enlevé alors qu’il est en route pour la Chambre des Députés, au sein de laquelle doit se tenir le vote de confiance du nouveau gouvernement Andreotti, devant pour la première fois bénéficier du soutien des communistes en vue de leur intégration du gouvernement. Un commando des Brigades rouges attaque la voiture de Moro au niveau de la rue Mario Fani de Rome et assassine froidement les cinq gardes du corps pour s’emparer ensuite du secrétaire général de la DC. Les Brigades rouges séquestrent Moro et proposent de l’épargner en échange de la libération de plusieurs de leurs camarades alors emprisonnés. L’État italien, ainsi que le pape Paul VI, refusent de négocier, demandant une libération de Moro sans conditions, tandis que le PCI doit se résoudre à voter la confiance au gouvernement Andreotti dans une optique d’unité nationale face à ce drame, sans entrer au gouvernement. Moro écrit pendant cette période plusieurs lettres aux principaux dirigeants de la DC ainsi qu’au pape pour les sommer de satisfaire les revendications de ses geôliers, sans que cela ne fasse changer d’avis le pouvoir quant à l’attitude à adopter face aux Brigades rouges. Le corps de Moro est finalement retrouvé sans vie et criblé de 12 balles dans la poitrine dans le coffre d’une 4L stationnée via Caetani, à l’issue de 55 jours de détention.  Il est aujourd’hui établi que le gouvernement italien, conseillé par des fonctionnaires américains, a délibérément fait échouer les négociations, comme cela fut notamment confirmé par Steve Pieczenik, psychiatre américain nommé par le Département d’État des États-Unis auprès du ministre italien de l’Intérieur Francesco Cossiga pour court-circuiter les négociations afin de maintenir la stabilité politique en Italie, avec comme recours éventuel de sacrifier Moro pour s’assurer que les communistes n’intègrent pas le gouvernement.

Le PCI se voit dès lors condamné à soutenir le gouvernement conservateur d’Andreotti sans pouvoir l’intégrer et sans qu’aucune réforme sociale concrète ne puisse avoir lieu, ce qui lui coûte de retomber à 30% aux élections générales de 1979, puis à un peu plus de 29% à celles de 1983.

Le monopole de la DC du pouvoir politique s’atténue toutefois avec l’accession à la Présidence de la République du socialiste et ancien résistant Sandro Pertini en 1978. Conscient du blocage politique auquel la République italienne se trouve soumise depuis ses débuts compte tenu du monopole du pouvoir de la DC en dépit de ses basculements de coalition tantôt vers la droite, tantôt vers la gauche, Pertini cherche à favoriser une accession au pouvoir d’autres forces politiques. Ainsi nomme-t-il à la Présidence du Conseil en 1981 à l’issue d’une importante crise ministérielle Giovanni Spadolini, ancien directeur du Corriere della Sera devenu secrétaire général du Parti Républicain Italien (PRI). Spadolini devient ainsi le premier homme politique extérieur à la DC à occuper le poste de chef du gouvernement, son gouvernement durera un an et demi. Si cette rupture est relative compte tenu de la persistance du statut de première force électorale et parlementaire de la DC, elle permet tout de même un renouveau à la tête de l’exécutif. Est dès lors inaugurée une nouvelle forme de coalition, intitulée « pentapartisme » et consistant en une alliance centriste de cinq partis différents : DC, PRI, PLI, PSDI et PSI. Le PCI retourne quant à lui dans l’opposition.

Une seconde expérience de ce type a lieu de 1983 à 1987, lorsque le socialiste Bettino Craxi, dans un contexte au sein duquel la DC est toujours majoritaire, obtient à son tour la Présidence du Conseil, devenant ainsi le deuxième chef du gouvernement non démocrate-chrétien après Spadolini. Si le premier gouvernement de Craxi, d’une durée de 5 ans, établit à l’époque un record de longévité, la période Craxiste se traduit par une politique plutôt libérale. Outre le fait que le PSI constitue une force minoritaire au sein de la coalition du pentapartisme dominée par la DC, Craxi a amorcé en 1976 en tant que secrétaire général du PSI une révision de la doctrine de son parti pour l’orienter vers la social-démocratie, voire vers le social-libéralisme.

Retourné dans l’opposition, le PCI perd brusquement Enrico Berlinguer en 1984 lorsque celui-ci décède d’une hémorragie cérébrale survenue au cours d’une réunion publique pour la campagne des élections européennes. Son enterrement réunit une immense foule de 2 millions de personnes et le leader communiste décédé est salué par l’ensemble de la classe politique italienne pour sa politique de prise de distance vis-à-vis de l’URSS et pour son intégrité notamment au moment des Années de Plomb lors de la séquestration d’Aldo Moro, ce dont témoigne le documentaire L’Addio a Berlinguer réalisé par Bernardo Bertolucci. Six jours après le décès de son premier secrétaire, le PCI réalise une performance historique aux élections européennes en arrivant, avec un score de 33,3%, en tête du scrutin devant la DC, qui se voit devancée d’une courte tête en effectuant un score de 33%. Il s’agit de la seule fois sous la première république qu’un parti autre que la DC arrive en tête d’élections nationales.

Si la gauche a donc ponctuellement pu être associée au pouvoir sous la première république, elle n’a en revanche jamais pu conquérir celui-ci au cours de cette période, dans un contexte d’accaparement du pouvoir par la Démocratie chrétienne et de « stratégie de la tension » dans le contexte de guerre froide. La révolution de la scène politique provoquée au début des années 90 par le séisme du scandale Tangentopoli et de l’opération Mains Propres va bouger les lignes.

Quelle gauche de gouvernement depuis 1990 ?

Le début des années 1990 est, nous l’avons vu, le théâtre d’une révolution de la scène politique italienne. Le scandale Tangentopoli, suivi de l’opération Mains Propres, aboutit à la dislocation des partis traditionnels italiens de gouvernement, ne résistant pas au cyclone judiciaire dans lequel ils sont pris. Cette révolution signe la fin du paradigme dit de la première république, caractérisé par une hégémonie politique de la Démocratie chrétienne, et l’entrée dans celui de la deuxième république, qui se caractérisera quant à lui par un système bipartisan d’alternances au pouvoir entre la gauche réformiste des héritiers du PCI et la droite libérale de Silvio Berlusconi.

Bien que le PCI ait historiquement été, tout comme ses homologues européens, le parti italien de la gauche communiste et pro-soviétique, il a par la suite su amorcerune évolution critique vis-à-vis de l’URSS et un tournant de coopération avec les autres forces politiques de l’échiquier italien sous l’impulsion d’Enrico Berlinguer. Sans pour autant renoncer à sa radicalité politique, le PCI s’est dès lors tourné vers une conception réformiste de la prise du pouvoir et de l’exercice de celui-ci. La disparition de Berlinguer laisse néanmoins un vide à la fois politique et idéologique au sein du PCI et plus largement dans la gauche italienne. Berlinguer avait suenclencher une véritable dynamique politique pour le PCI et pour la gauche dans le contexte pourtant compliqué des Années de Plomb, hissant le PCI à des scores dépassant les 30%, ce qui en avait non seulement fait le premier parti communiste du monde occidental mais avait également posé la question de sa participation au gouvernement, comme nous l’avons vu avec l’affaire de l’assassinat d’Aldo Moro.

Les successeurs de Berlinguer, tout en s’inspirant de sa politique et désireux de poursuivre la mutation réformiste du PCI, vont en fait engager celui-ci et ses héritiers sur des terrains idéologiquement dangereux. Tout commence à la fin des années 1980, lorsque le nouveau secrétaire général Achille Occhetto ponctue son discours au Congrès de Rome de mars 1989 d’étranges louanges à l’économie de marché et ce alors que le Mur de Berlin n’est même pas encore tombé. Peu après la chute de ce dernier en novembre 1989, Occhetto lance le processus du « Tournant de Bologne » : en vue du Congrès de Bologne, devant se tenir au mois de mars 1990, le secrétaire général annonce la dilution de l’identité communiste au sein d’un nouveau parti de gauche. Si une majorité du parti, désormais acquise à la ligne réformiste et donc partisane de la transformation du PCI en un parti de gauche de gouvernement, suit Occhetto dans ce processus qui aboutira à la création en 1991 du Parti Démocrate de la Gauche (PDS), ancêtre direct de l’actuel Parti Démocrate, une minorité conservatrice et orthodoxe fonde le Parti de la Refondation Communiste (PRC), maintenant l’idéologie communiste et la faucille et le marteau mais se trouvant rapidement voué à la marginalité politique. Dans le contexte du délitement politique résultant de l’opération Mains Propres, le PDS est bientôt rejoint par un certain nombre d‘anciens militants et cadres du PSI et s’impose ainsi comme le nouveau grand parti de la gauche italienne.

Au même moment se structure le parti Forza Italia de Silvio Berlusconi en vue des élections générales de 1994. Pour dissimuler l’intégration dans sa coalition de la Ligue du Nord d’Umberto Bossi et des postfascistes d’Alliance Nationale et de Gianfranco Fini, Berlusconi mène une campagne véhémente contre la gauche désormais menée par le PDS en identifiant celle-ci au péril communiste. Son empire médiatique relaie dès lors une intense propagande pointant ce péril et l’assimilant également à l’antifascisme. L’un des tabous entourant le MSI et son successeur Alliance Nationale tombe de cette façon à ce moment-là, sa chute se voyant facilitée par le fait que la gauche ne se revendique dès lors plus de l’antifascisme, trop assimilé au communisme par amalgame depuis cette période. Berlusconi remporte les élections en réalisant un score de 21% avec Forza Italia et de presque 43% pour l’ensemble de sa coalition, tandis que la coalition de gauche totalise 34% des voix, dont 20,6% pour le PDS, 6,05% pour le PRC et un plancher historiquement bas de 2,19% pour le PSI, en plein effondrement au vu des affaires de corruption dans lesquelles il se trouve inculpé avec l’opération Mains Propres. Berlusconi n’aura par la suite de cesse d’ériger tout au long de sa carrière politique son succès fondateur de 1994 en se construisant une légende d’homme providentiel arrivé en politique au bon moment pour sauver l’Italie d’un péril rouge dans un contexte de désintégration des partis traditionnels.

La coalition Berlusconienne tournant toutefois court dès 1995, le PDS se restructure et envisage une nouvelle coalition. Il s’allie ainsi aux Socialistes Italiens (éphémère petit parti réformiste fondé sur les décombres du PSI tout juste dissous), à la Fédération des Verts mais également au Parti Populaire Italien (PPI), héritier de l’aile gauche de la Démocratie chrétienne. Se retrouvant ainsi alliés pour la première fois, les postcommunistes et les post-démocrates chrétiens réalisent d’une certaine façon le compromis historique entre Berlinguer et Moro. La nouvelle coalition prend le nom d’Ulivo (« L’Olivier ») et désigne comme tête de liste Romani Prodi, ex-membre de la DC ayant rejoint le PPI suite à la dislocation de celle-ci et principal architecte de ce rassemblement. L’Ulivo remporte les élections en réalisant plus de 43% des voix, dont plus de 21% pour le PDS et un peu moins de 7% pour le PPI. Prodi est nommé Président du Conseil.

Si la gauche réussit enfin à conquérir et à exercer le pouvoir, la question de son action de gouvernement se pose néanmoins dans le double contexte de la révolution de la scène politique italienne depuis l’opération Mains Propres d’une part et du triomphe de l’idéologie capitaliste libérale à l’échelle mondiale suite à la dislocation du bloc soviétique d’autre part. L’heure est en effet à la conversion néolibérale d’une partie de la gauche européenne, poussée dans ce sens par Tony Blair au Royaume-Uni ou Gerhard Schröder en Allemagne. La coalition de L’Olivier doit de surcroît composer avec des forces n’étant pas toutes acquises à l’interventionnisme de l’État, y compris au sein de ses propres effectifs. Le gouvernement Prodi s’engage dès lors dans une politique centriste et libérale, ce qui vaut à Prodi de perdre la confiance du parlement en 1998 suite à un vote défavorable du PRC, entraînant à une voix près le renversement de son gouvernement. Prodi est remplacé par Massimo D’Alema, premier ex-communiste à devenir Président du Conseil. SI D’Alema intègre à L’Olivier le Parti des Communistes Italiens (PdCI), dissidence du PRC, dans une optique d’élargissement de sa majorité à gauche, il poursuit néanmoins la politique menée par Prodi et ne remet donc aucunement en question l’adhésion au consensus libéral de la nouvelle gauche italienne. D’Alema finit lui aussi par démissionner le 19 avril 2000, suite à la perte 3 jours plus tôt par la gauche de 4 régions aux élections régionales. Il est remplacé par Giuliano Amato, ancien ministre et responsable du PSI, qui achève la législature en tant que Président du Conseil avant que Silvio Berlusconi ne lui succède en 2001 à la faveur de la victoire de sa coalition « Maison des libertés » aux élections générales cette année. Le gouvernement de L’Olivier aura mené une politique libérale permettant la remise en question de l’État-providence et la privatisation de certains secteurs de l’économie italienne.

Plus que la question programmatique, le problème du PDS et de ses partis successeurs est identitaire : ayant rompu avec le marxisme, la gauche post-communiste a peiné à trouver une idéologie de substitution. Il était en effet hors-de-question de se réclamer dorénavant du socialisme compte tenu de l’association de ce terme aux déboires judiciaires Craxistes ayant entraîné la chute du PSI et il était compliqué de se référer à une social-démocratie de tradition nordique et donc étrangère à celle de la gauche italienne. L’idéologie et l’identité de cette nouvelle gauche sont dès lors restées en suspens, le symbole de la branche d’olivier ayant donné son nom à la coalition – et toujours présente aujourd’hui dans le logo de l’actuel PD – n’étant pas nécessairement un signifiant mobilisateur. Même si le compromis historique entre Moro et Berlinguer est souvent rappelé pour justifier l’alliance des postcommunistes et des héritiers de l’aile gauche de la DC, celui-ci constitue malgré la force de son symbole un référentiel maigre et d’autant plus faible que la dimension sociale du pacte entre Moro et Berlinguer s’est largement vue éconduite avec la politique appliquée en pratique par L’Olivier. Cette question idéologique et identitaire non tranchée, ni même précisément définie, s’est révélée tangible lors de la création du Parti Démocrate en 2007, grand parti de gauche dont le but était de fusionner l’ensemble des composantes de L’Olivier dans une seule et même structure unifiée. Le nouveau parti se veut progressiste mais se réfère davantage à la « grande tente » du Parti démocrate américain, auquel son nom fait explicitement référence, qu’à l’héritage de la gauche italienne. La notion de « gauche » a d’ailleurs souvent été remplacée depuis lors par celle de « progressisme » voire de « libéralisme » dans les qualificatifs ayant pu être employés pour caractériser le nouveau parti.

Si cette nouvelle gauche et ses composantes disparates a malgré tout tenu, soudée par l’épouvantail que constituait face à elle le Berlusconisme, et a fusionné au sein d’un seul et même parti en 2007, la question de sa pérennité idéologique comme politique s’est à nouveau posée à partir de 2013. La coalition « Italie. Bien commun » menée par le chef de file du PD Pier Luigi Bersani remporte en effet les élections, mais la composition compliquée du nouveau parlement aboutit à une politique en demi-teinte, d’abord menée par Enrico Letta, puis par Matteo Renzi. L’agenda ouvertement néolibéral adopté par ce dernier crée en effet des remous et finit par aboutir suite à l’échec du référendum constitutionnel sur la réforme du Sénat, à la scission d’une partie de l’aile gauche du PD, menée par Bersani lui-même alors qu’il avait conduit la coalition pour les élections 2013. Cette scission aboutit à la création d’Articolo Uno, parti se présentant aux élections de 2018 aux côtés de la Gauche italienne dans la coalition « Libres et Égaux ». En 2019, c’est au tour de Matteo Renzi, pourtant Président du Conseil emblématique du PD lors de la législature précédente, de scissionner en emmenant avec lui une partie de l’aile droite du parti pour fonder Italia Viva.

Chantiers et perspectives de la gauche italienne aujourd’hui

Le Parti Démocrate fait aujourd’hui face à une nécessité de réaffirmer une identité claire et de trancher sur son bagage idéologique. Est-il un parti post-communiste héritier du PCI ou fondamentalement centriste héritier des composantes progressistes de la DC ? Si sa dernière expérience du pouvoir, en association avec le populiste Mouvement Cinq Étoiles au sein du gouvernement Conte II entre 2019 et 2021, a pu être perçue comme contre-nature pour certains observateurs au vu d’une identité du M5S parfois perçue comme qualunquiste(1), elle lui a néanmoins permis de se réapproprier un certain nombre de thématiques sociales tombées aux mains des populistes faute de réinvestissement de celles-ci par la gauche postcommuniste. L’expérience du gouvernement Conte semble donc en l’état avoir permis au PD d’adopter une identité fondamentalement réformiste. Il en est de même pour la question écologique, traditionnellement tout aussi peu traitée par la gauche italienne et pareillement récupérée par le M5S, n’ayant pas hésité à passer des alliances ponctuelles avec les petits partis écologistes italiens.

La coalition droitière de Giorgia Meloni et les difficultés risquant de se présenter sur des thématiques aussi diverses que la question sociale, les relations internationales et le rapport à la crise ukrainienne ou encore à l’Union européenne au vu des fortes divergences de ses partis sur ces questions peut présenter une opportunité pour ressouder idéologiquement la gauche italienne, sous réserve que n’advienne pas une dérive « illibérale » de type hongroise.

Plus qu’un programme précis, le Parti Démocrate et ses partenaires doivent se réapproprier une identité de gauche, se référant à l’histoire et aux combats de celle-ci et ayant trop souvent été délaissée voire abandonnée lors de leur course effrénée vers le centre dans les années 1990 et 2000. Avec sa conversion libérale sur fond de crise identitaire et idéologique et de développement du Berlusconisme, la gauche italienne a expérimenté les leçons de Gramsci, mais à son propre détriment.

Étant remonté à 19% aux élections de septembre 2022 après son effondrement à 13% de 2018, le PD dispose désormais d’un effectif suffisamment significatif au parlement pour pouvoir fédérer autour de lui un bloc d’opposition de gauche unifié et cohérent, à condition d’en avoir la volonté. L’élection le 26 février 2023 de sa nouvelle secrétaire Elly Schlein, issue de l’aile gauche du parti, face au candidat plus centriste Stefano Bonaccini, peut constituer une première étape dans ce processus. Toutefois, si Schlein s’est engagée à repositionner le PD sur une ligne de gauche en se présentant comme un visage féminin à l’opposé de celui de Meloni, il faudra également qu’elle évite une nouvelle scission qui viendrait de l’aile centriste du parti, qui risquerait de porter un coup fatal à celui-ci compte tenu de son affaiblissement. Un travail reste par ailleurs à mener pour retrouver les classes populaires italiennes dont la gauche post-communiste s’est progressivement séparée et aujourd’hui acquises à l’extrême-droite et Mouvement 5 Étoiles. Gramsci écrivait quant à lui dans ses Lettres de Prison qu’il était « pessimiste par l’intelligence mais optimiste par la volonté » et ajoutait dans ses Cahiers de Prison que « la crise est le moment où l’ancien ordre du monde s’estompe et où le nouveau doit s’imposer en dépit de toutes les résistances et de toutes les contradictions. Cette phase de transition est justement marquée par de nombreuses erreurs et de nombreux tourments. » Une affaire à suivre…

Références

(1)Relatif au qualunquismo, terme péjoratif caractérisant les idées populistes et droitières du parti du Fronte dell’Uomo Qualunque, ayant existé de façon éphémère entre 1946 et 1949 mais demeurant associé dans le langage politique italien à une méfiance envers le système des partis et les institutions démocratiques parlementaires pour privilégier des options conservatrices et simplistes pour régler les problèmes de l’État et du gouvernement. Il s’agit donc fondamentalement d’un équivalent italien de la notion française de « poujadisme ».

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