
Nous soutenir Frédéric Faravel, membre de la direction nationale de la Gauche Républicaine et Socialiste, analyse la situation de l’Europe, prise en étau entre l’agression
Entre septembre et décembre 2023 Viginum a mené des analyses approfondies d’un réseau regroupant des sites d’informations diffusant des contenus pro-russes, certains ouvertement politiques et d’autres plus anodins.
Baptisé « Portal Kombat » en raison de sa « stratégie informationnelle offensive », le réseau regroupe pas moins de 193 sites actifs pour certains depuis 2013 (et pour les plus récents juin 2023) dont l’activité vise explicitement les Etats occidentaux affichant leur soutien à l’Ukraine depuis l’invasion russe. Comme l’indique le rapport de Viginum[1], ces sites ne diffusent aucun contenu original et fonctionnent comme des relais de publications issues majoritairement de trois sources : les comptes de réseaux sociaux russes et pro-russes, les agences de presses russes et les sites officiels d’institutions ou d’acteurs locaux.
Le principal objectif poursuivi par « Portal Kombat » est de présenter une image positive de « l’opération militaire spéciale » menée par la Russie en Ukraine et, dans le cas français à travers pravda-fr[.]com, de « polariser les échanges et le débat public numérique francophone »[2]. Plusieurs techniques sont également utilisées afin d’élargir au maximum l’audience des 193 sites : la sélection des sources pro-russes selon les localités visées, l’automatisation de la diffusion des contenus et l’optimisation du référencement sur les différents moteurs de recherche.
Considérées comme de potentielles cellules dormantes pouvant redoubler d’activité lors des nombreuses élections prévues en 2024 en Europe et dans le monde, Paris et Berlin ont communiqué ensemble sur le sujet ce lundi 12 février lors de la réunion à la Celle-Saint-Cloud du format Weimar[3].
Références
[1] https://www.sgdsn.gouv.fr/files/files/20240212_NP_SGDSN_VIGINUM_RAPPORT-RESEAU-PORTAL-KOMBAT_VF.pdf
[2] Toujours selon le rapport de Viginum
[3] Le « triangle de Weimar », est le nom de la plateforme d’échange entre la France, l’Allemagne et la Pologne. Crée en 1991 pour soutenir l’adhésion de la Pologne à l’Otan, le triangle de Weimar est désormais un outil diplomatique plus large et est actuellement utilisé par les trois pays pour contrer efficacement les attaques russes de désinformation et les tentatives d’ingérences.
Si vous aimez notre travail, c’est par ici !
A lire aussi…

Nous soutenir Frédéric Faravel, membre de la direction nationale de la Gauche Républicaine et Socialiste, analyse la situation de l’Europe, prise en étau entre l’agression

« La France réconciliée, voilà l’horizon commun », entretien avec Boris Vallaud
Dans son ouvrage « En permanence, ces vies que je fais mienne », le président du groupe socialiste à l’Assemblée nationale Boris Vallaud revient sur les récits de vie meurtrie des habitants de sa circonscription des Landes.

La gauche entre régression néolibérale et obsession identitaire
Alors que des forces du NFP cherchent à convaincre le président de la République de nommer un Premier ministre de gauche, David Cayla propose une analyse dure mais lucide de la situation électorale après les législatives 2024. Entre une gauche prête à accompagner le néolibéralisme et l’autre qui ne jure que par les affects, une voie est possible.
Lire aussi...

Dans son dernier livre dans la collection du Temps des Ruptures, « L’IA contre le peuple », Mathieu Chéret signe un récit d’anticipation politique, où l’intelligence artificielle ne se contente plus d’optimiser nos usages numériques,

Sécurité sociale : l’étau budgétaire d’un système en péril
Alors que la santé monte régulièrement en tête du podium des préoccupations des Français, que les scandales fleurissent des crèches aux Ehpad, que les travailleurs sont de plus en plus malheureux au travail, les débats

SNU – Quand la République parle d’un monde redevenu impérial
En affirmant que « nos jeunes serviront en métropole et dans nos outre-mer », le Président n’emploie pas une formule neutre. Derrière ce pronom possessif se dessine une géographie politique héritée de l’histoire impériale, où

Vue du perchoir – L’année qui vient – Panorama politique et parlementaire
Entre saturation démocratique et fascination pour la politique-fiction, cette chronique propose un pas de côté pour penser l’année qui s’ouvre. À l’horizon de 2027, c’est la question du sens politique – et de sa reconquête