
Au seuil des élections municipales de 2026, Romain Eskenazi, député de la 7e circonscription du Val-d’Oise et conseiller municipal de la ville de Montmorency, a accepté de répondre à nos
Engagé localement depuis plus de quinze ans au sein du conseil municipal de la ville de Montmorency (95), vous avez été élu député de la 7e circonscription du Val d’Oise à l’occasion des élections législatives anticipées de 2024. Aujourd’hui, en vue des prochaines élections municipales, vous défendez à Montmorency aux côtés de M. Yves Zuili la liste de gauche l’Avenir Ensemble. Quels projets proposez-vous aux Montmorencéens ? quelles sont vos priorités ?
Avec Yves Zuili, notre projet, notre ambition pour Montmorency, pour reprendre notre slogan, est une ville juste, durable, gérée de manière démocratique et qui fait de la jeunesse et de l’éducation des priorités. Nous souhaitons engager une véritable transformation écologique pour la commune. Alors que le maire confond écologie et cadre de vie, l’environnement sera notre fil vert et se déclinera sur l’ensemble des politiques publiques : rénovation thermique, plan de circulation, circuit d’alimentation, gestion des déchets. La réussite et l’épanouissement de notre jeunesse sera notre priorité à travers de l’accompagnement éducatif, des actions de prévention et des moyens pour nos écoles. Nous souhaitons refaire de Montmorency une ville solidaire, notamment en venant en aide aux sinistrés d’immeubles évacués oubliés par l’équipe actuelle. Enfin, nous souhaitons mieux valoriser notre patrimoine exceptionnel, favoriser le sport et culture pour tous et mieux soutenir les associations et les commerçants qui sont les forces vives d’un territoire. En termes d’investissement, nous prévoyons de rénover deux terrains de sport, de créer une salle de musculation avec espace multi-activités, d’aménager un studio de répétition, de réouvrir les salles d’animations sociale de proximité fermées, de réhabiliter la salle des fêtes, l’aménagement dans un bâtiment historique d’une maison de la nature et du patrimoine, la création d’un tiers lieu avec Fablab, pépinière pour les entrepreneurs, ateliers partagés pour des artisans et maison des associations. Tout cela sera réalisé sans augmentation d’impôt à travers un plan pluriannuel d’investissement.
Depuis 2020, vous avez présidé au sein du conseil municipal de Montmorency le groupe des élus d’opposition, l’Avenir Ensemble, présenté comme une « opposition de gauche républicaine[1] ». Quels ont été vos principaux combats contre la majorité municipale de droite et quel bilan dressez-vous du maire sortant M. Maxime Thory, qui se représente aux élections ?
Nous considérons que le maire sortant a fait beaucoup pour le superficiel, au détriment de l’essentiel. Il a considérablement augmenté le budget des fêtes et cérémonies au détriment de politiques publiques totalement oubliées : l’écologie, la solidarité, la jeunesse. Des salles d’animation sociales de proximité et de soutien scolaire ont fermé durant le mandat précédent et le club de prévention spécialisée et ses éducateurs ont été supprimé durant ce mandat. Alors que le pays connait une crise du pouvoir d’achat, le maire a augmenté tous les tarifs des activités municipales.
Opposé à la loi SRU (imposant aux communes 25% de logement social quand la ville est à 23%), le maire a bloqué tous les projets de logement et la ville aura ainsi payé à la fin du mandat plus d’1 million d’euro d’amende ! Alors que c’est la loi, le maire n’a pas réalisé de plan pluriannuel d’investissement : il a gouverné sans cap, avec peu d’investissement et sans concertation, les réunions publiques et conseils de quartier ayant été supprimés. La ville a vécu un drame l’an dernier avec l’évacuation de deux immeubles à cause d’un glissement de terrain. Non indemnisés par leur assurance, ils sont abandonnés par la ville qui n’est pas au rendez-vous de la solidarité, ils vivent dans une grande détresse. L’action du maire a été inexistante s’agissant de l’inclusion des personnes handicapées, de lutte contre la racisme et l’antisémitisme ou contre les violences sexistes et sexuelles.
Que craignez-vous s’il devait être réélu ?
Le maire s’est vanté lors de ses derniers vœux que le taux d’endettement par habitant soit passé à 550€ contre plus de 1000 pour les villes de la même catégorie. Or, c’est simplement la démonstration que la maire n’investit pas, se concentrant sur les festivités au détriment d’une vision de long terme. Maire, ça n’est pas GO du club Med. Avec toutes les structures jeunesse et sociales qui ont fermé, le climat dans les quartiers populaires de la ville s’est déjà largement dégradé. Cela ne fera que s’empirer avec les années si l’équipe actuelle est reconduite. Les sinistrés vont continuer à désespérer car rien n’est prévu dans le programme du maire qui après 6 ans de mandat propose que de créer une ferme pédagogique sur un espace vert, de couvrir deux terrains de tennis, de rénover la salle des fêtes et d’installer 50 caméras de surveillance supplémentaires alors qu’elles ont déjà triplé pendant le mandat. Son « programme » a été rédigé sans aucune concertation ce qui préfigure un nouveau mandat sans concertation. Nous craignons réellement le déclin de cette ville que nous aimons si le maire est réélu.
Élu local depuis de nombreuses années, votre engagement politique se décline désormais aussi à l’échelle nationale, puisque vous avez été élu à l’Assemblée en 2024. À cet égard, vous vous présentez[2] comme un « député de terrain », dont l’engagement parlementaire a été motivé par des « réalités de terrain ». Comment s’articulent ces deux échelles d’intervention ? Quelles actions menez-vous à l’Assemblée pour votre territoire ?
Elu de la nation, mon action à l’Assemblée nationale s’inscrit dans la défense de l’intérêt général et non dans la défense du territoire mais il est vrai que je travaille sur des problématiques identifiées sur le terrain. C’est le cas par exemple des nuisances aériennes. Militant local pour la régulation du trafic à Roissy dont nous subissons les survols, j’ai été rapporteur du budget aérien 2025 et j’ai déposé plusieurs propositions de loi pour mieux protéger les riverains des aéroports et notre environnement contre les nuisances aériennes, sonores et atmosphériques. Suite à la problématique identifiée à Montmorency, j’ai également défendu et fait adopter en séance un amendement pour permettre aux sinistrés d’immeubles évacués suite à un glissement de terrain d’être indemnisés par leur assureurs.
Engagé au Parti socialiste depuis le « choc de l’arrivée du Front national au 2nd tour de l’élection présidentielle de 2002 » pour reprendre vos mots, vous êtes aujourd’hui le porte-parole du groupe socialiste et apparentés à l’Assemblée nationale. Quel est le message, quels sont les projets que la gauche devrait porter dans le cadre des élections municipales en France ? Notamment face au risque de bascule à l’extrême-droite de nombreuses communes…
L’extrême droite est aux antipodes des valeurs de la République. Tout dans leur programme renie la liberté, l’égalité, la fraternité et même la laïcité. Rendant les étrangers responsables de l’insécurité, des déficits publics, du trou de la sécu, du chômage et de la crise du logement, ils proposent une solution simpliste à des problèmes complexes. Ils n’ont en réalité rien à proposer pour améliorer la situation du pays et des Français.
La gauche au contraire, et les socialistes en particulier, ont une grande expérience de la gestion des communes : une gestion pragmatique, loin des propositions idéologiques, mais toujours basée sur des valeurs de solidarité et de responsabilité. Dans une ville de gauche, les enfants sont mieux accompagnés dans leur réussite, le pouvoir d’achat est mieux protégé, il y a un accès plus équitable aux activités sportives et culturelles, une exigence de concertation et un engagement dans la transition écologique. Transport, santé, sécurité : toutes ces thématiques sont mieux prises en compte que dans les villes de droite. J’appelle donc les électeurs de France entière à faire le choix de la république et du progrès.
Références

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