L’épuisement du néolibéralisme, l’essor des régimes illibéraux et la financiarisation extrême de l’économie ne constituent pas des phénomènes isolés, mais les symptômes d’une mutation profonde du capitalisme. Nous assistons à l’émergence d’un capitalisme autoritaire, où l’accumulation du capital ne peut plus se perpétuer sans recourir à la coercition, à la prédation accrue des ressources et à la remise en cause des fondements mêmes de la démocratie libérale.
Trois ouvrages récents, parus de la fin janvier à la fin février 2026 — La finance aux extrêmes(1) de Marlène Benquet, Mondes postcapitalistes(2) sous la direction de Jérôme Baschet et Laurent Jeanpierre, et Le problème à trois corps du capitalisme(3) de Romaric Godin —, éclairent cette transition vers un système où la logique de la finitude des ressources et la crise systémique appellent des réponses toujours plus violentes, toujours plus éloignées des promesses d’émancipation et de prospérité partagée.
La thèse centrale de ces travaux est que le capitalisme contemporain n’est plus celui des « Trente Glorieuses », ni même celui de la mondialisation triomphante des années 1990. Il a cessé d’être ce système capable de promettre, même de manière inégale, une satisfaction des besoins essentiels puis une amélioration générale des conditions de vie, fondée sur une expansion infinie des marchés et une modernisation perpétuelle.
Comme le démontre Romaric Godin, nous sommes désormais confrontés à un problème à trois corps : une crise économique structurelle marquée par la stagnation des gains de productivité et la suraccumulation de capital, une crise écologique caractérisée par le dépassement des limites planétaires et l’effondrement de la biodiversité, et une crise anthropologique où les individus sont aliénés par la création artificielle de besoins, tandis que les liens sociaux se disloquent. Ces trois crises s’auto-alimentent et rendent le système ingouvernable selon les anciennes recettes.
Le néolibéralisme, qui reposait sur l’idée d’un marché autorégulateur, d’une croissance illimitée et d’un État minimal, s’effondre sous le poids de ses propres contradictions. Les promesses de prospérité généralisée se heurtent à la réalité d’une raréfaction des ressources, d’une finitude du monde – pour reprendre l’expression d’Arnaud Orain dans Le monde confisqué(4) – et d’une incapacité à absorber les surplus de capital sans recourir à des mécanismes de plus en plus prédateurs. La financiarisation extrême de l’économie aggrave ces tensions en transformant toujours plus de sphères de la vie sociale en actifs spéculatifs.
Fin du néolibéralisme et capitalisme de la finitude
Le capitalisme actuel n’est plus celui qui, après 1945, pouvait encore se présenter comme un vecteur de modernisation et de progrès matériel. Il est entré dans une phase où les mécanismes qui assuraient autrefois sa légitimité — la croissance économique, l’innovation technologique, l’ascension sociale — se grippent les uns après les autres.
Nous sommes alors confrontés à un trilemme insoluble : comment concilier la nécessité de relancer une économie atone, la préservation d’un écosystème en voie d’effondrement, et la satisfaction de besoins humains authentiques, plutôt que manufacturés par les impératifs de l’accumulation ?
La réponse du système à cette impasse prend la forme d’un durcissement autoritaire, d’une remise en cause des institutions démocratiques et d’une accélération de la prédation des ressources. Le capitalisme ne peut plus se contenter de la fiction d’un marché concurrentiel et transparent mais doit désormais s’appuyer sur des logiques impériales, rentières et coercitives pour maintenir son taux de profit.
Cette mutation est particulièrement visible aux États-Unis, où l’administration Trump incarne le passage d’un capitalisme néolibéral, fondé sur la mondialisation et le libre-échange, à un capitalisme mercantiliste et protectionniste, où la puissance brute prime sur les règles du jeu multilatéral.
Ce basculement est plus le résultat d’une transformation structurelle du système que d’un accident de l’histoire. Comme le montre Arnaud Orain dans Le monde confisqué, le capitalisme contemporain est marqué par le retour d’un capitalisme de la finitude, où la raréfaction des ressources et la saturation des débouchés rendent toute expansion illusoire. Contrairement au capitalisme libéral ou néolibéral, qui misait sur l’illusion d’une croissance infinie, ce nouveau régime économique repose sur l’accaparement violent des dernières richesses disponibles — terres rares, données numériques, infrastructures critiques — et sur la fermeture des frontières économiques pour protéger les monopoles nationaux.
Cette logique de la finitude n’est pas nouvelle. Elle a déjà prévalu à deux reprises dans l’histoire du capitalisme : au XVIe-XVIIIe siècles, avec les compagnies des Indes et la course aux colonies, puis entre 1880 et 1945, avec l’impérialisme et les guerres mondiales. Elle revient donc en force, portée par une nouvelle classe de capitalistes — ceux de la Silicon Valley, des fonds d’investissement et des compagnies-États — qui n’ont plus besoin de fictions démocratiques pour imposer leur domination.
La « seconde finance » : un acteur clé de la mutation autoritaire
Si le néolibéralisme agonise, ce n’est pas pour laisser place à un retour de l’État-providence ou à une régulation démocratique de l’économie. Bien au contraire : c’est une nouvelle forme de capitalisme, plus concentrée, plus agressive et plus directement liée aux appareils d’État, qui émerge. Marlène Benquet, dans La finance aux extrêmes, montre comment cette transformation est portée par ce qu’elle appelle la « seconde finance » — ces fonds d’investissement, hedge funds, gestionnaires d’actifs et capital-risqueurs qui ne collectent pas directement l’épargne des ménages, mais qui décident de son allocation.
Contrairement à la finance traditionnelle (banques, assurances, fonds de pension), qui opérait dans le cadre des marchés réglementés, la seconde finance agit hors des marchés organisés, dans l’opacité des opérations de gré à gré. Son pouvoir ne repose pas sur la concurrence, mais sur l’accaparement d’actifs stratégiques (immobilier, santé, infrastructures, données, terres agricoles) et la création de rentes monopolistiques garanties par l’État. Ces acteurs ne cherchent pas à maximiser la valeur actionnariale dans un cadre concurrentiel, mais à contrôler des segments entiers de l’économie en externalisant les risques sur les ménages et les pouvoirs publics.
Leur influence s’étend bien au-delà de la sphère économique.
En s’imposant comme interlocuteurs incontournables des États, ils façonnent les politiques publiques, obtiennent des dérogations réglementaires et poussent à la privatisation des communs. L’exemple des cliniques privées en France, rachetées par des fonds comme Blackstone ou LBO France, est révélateur : l’État se dessaisit de pans entiers de sa souveraineté sanitaire, tout en continuant à financer le système via l’assurance maladie. C’est une capture des politiques publiques par des intérêts privés, une démocratie vidée de sa substance, et une accélération des inégalités.
Ce qui distingue fondamentalement la « seconde finance » de la finance traditionnelle, c’est son rapport à l’État. Le néolibéralisme cherchait à faire garantir par l’État une faible intervention publique au profit des mécanismes de marché ; la « seconde finance » a besoin d’un État fort, mais instrumentalisé — un État qui lui garantisse désormais des positions de monopole, qui assume une partie des risques financiers et qui réprime les contestations sociales. Ces acteurs financiers ne rejettent pas en soi l’État : ils en ont fait un partenaire complice, un « dérisqueur » qui socialise les pertes tout en privatisant les profits, en attendant une nouvelle étape.
Plus inquiétant encore, cette « seconde finance » entretient des liens étroits avec les mouvements politiques autoritaires. Aux États-Unis, des figures comme Peter Thiel — à la fois milliardaire de la Silicon Valley et idéologue libertarien — soutiennent ouvertement Donald Trump, dont les politiques protectionnistes et xénophobes servent leurs intérêts. En Europe, des hommes d’affaires de la « seconde finance », comme Pierre-Édouard Stérin en France, soutiennent l’extrême droite et promeuvent un libertarianisme réactionnaire : moins d’État social, plus d’État policier ; moins de régulation économique, plus de répression sociale. La fusion entre le monde de la finance et celui de la direction politique n’est pas achevée en France : d’aucuns croient voir en Emmanuel Macron son incarnation, mais un profil comme celui de Charles Beigbeder correspond plus à l’archétype.
L’alliance contre-nature du libertarianisme et de l’autoritarisme
L’une des contradictions apparentes de notre époque est la montée conjointe de deux phénomènes en apparence opposés : d’un côté, un libertarianisme radical, qui prône la disparition de l’État au profit des marchés et des individus ; de l’autre, un autoritarisme politique, qui renforce le contrôle social, restreint les libertés et muselle les contre-pouvoirs. Pourtant, ces deux tendances ne sont pas antagonistes : elles forment les deux faces d’un même projet, celui d’un capitalisme absolu, où l’accumulation du capital n’a plus besoin des fictions démocratiques pour se perpétuer.
Le libertarianisme autoritaire — théorisé par des penseurs comme Murray Rothbard et mis en pratique par des milliardaires comme Peter Thiel — repose sur une vision darwinienne de la société : le monde est un jeu à somme nulle, où les ressources sont limitées et où seuls les plus forts méritent de prospérer. Dans cette optique, la démocratie libérale, avec ses mécanismes de redistribution et ses garde-fous institutionnels, n’est qu’un obstacle à l’ordre naturel des choses. L’État n’a plus vocation à garantir « l’égalité des chances » ou à corriger les déséquilibres, mais à protéger les avoirs des élites et à réprimer les velléités de contestation.
Cette idéologie trouve un terreau fertile dans la crise écologique. Ainsi ce capitalisme de la finitude — la raréfaction des ressources rendant toute croissance illusoire — ne peut que favoriser les logiques impérialistes et prédatrices. Les acteurs de la « seconde finance », qui misaient autrefois sur l’expansion infinie des marchés, se tournent désormais vers l’accaparement violent des dernières richesses disponibles : terres rares, données numériques, infrastructures critiques. Ils ont besoin d’États forts, capables de fermer les frontières économiques, de protéger les monopoles nationaux et de neutraliser les oppositions.
Des dirigeants comme Donald Trump ou Javier Milei en Argentine peuvent à la fois se réclamer du libre marché et pratiquer un protectionnisme agressif, tout en s’attaquant aux libertés civiles. Leur discours combine le rejet de l’État-providence (au nom de la responsabilité individuelle) et l’exaltation de l’État répressif (au nom de l’ordre et de la sécurité) : un capitalisme d’état d’urgence, où les mécanismes démocratiques sont remplacés par une gouvernance par les élites économiques.
Cette alliance entre libertarianisme et autoritarisme n’est pas un paradoxe, mais une nécessité structurelle pour un capitalisme en crise. Les acteurs de la « seconde finance » ont besoin d’un État qui garantisse leurs rentes, qui réprime les mouvements sociaux et qui ferme les frontières aux concurrents étrangers. En échange, ils soutiennent des dirigeants qui, comme Trump ou Milei, combinent un discours anti-étatiste sur le plan social (suppression des protections, démantèlement des services publics) et un renforcement de l’État sur le plan policier et économique (protection des monopoles, répression des oppositions).
Au demeurant, l’État néolibéral n’a plus la cote chez ces acteurs « économiques ». Il avait pourtant été très favorable au développement de la financiarisation, mais il a été, notamment à partir de la crise financière de 2007-2008 et encore plus au moment de la crise pandémique de 2020, perçu comme coupable d’un dévoiement étatiste et interventionniste — oui il y a loin de la coupe aux lèvres. Un certain nombre de personnalités du monde des affaires et de la « seconde finance » ont considéré que l’État était maintenant trop interventionniste, trop régulationniste ; l’Union européenne elle-même s’était mis en tête des velléités de régulation qui contrevenaient à leurs intérêts financiers (notamment après la crise financière de 2008). Considérant que leurs marges de manœuvre étaient réduites, ces acteurs financiers qui, jusqu’ici, marchaient main dans la main avec des partis dits « de gouvernement », qui leur avaient permis de se développer, se sont mis en opposition et défendent désormais des orientations politiques de rupture favorables à un capitalisme autoritaire.
L’impuissance de la gauche face à l’emballement du système
Dans ce paysage désolé, la gauche — qu’elle soit sociale-démocrate, écologiste ou radicale — peine à proposer une alternative crédible. C’est ce que notre camarade David Cayla a décrit dans son ouvrage de 2024 La gauche peut-elle combattre le néolibéralisme ?(5), les recettes traditionnelles (relance keynésienne, redistribution, régulation) se heurtent à une réalité : le capitalisme n’est plus réformable dans le cadre des institutions existantes. Les traités européens, les règles budgétaires, la financiarisation de l’économie et la capture des États par les intérêts privés rendent toute politique de rupture quasi impossible sans une remise en cause frontale de l’ordre établi.
Pourtant, l’ouvrage Mondes postcapitalistes fait apparaître que la gauche reste prisonnière de ses propres illusions. D’un côté, elle persiste à croire en la possibilité d’un « capitalisme vert », capable de concilier croissance et préservation de la planète — alors même que les travaux en économie écologique montrent que cette voie est une impasse. De l’autre, elle se réfugie dans des utopies technocratiques (la transition énergétique par l’innovation, la décroissance par décret) ou des postures moralisatrices (la dénonciation des milliardaires, l’appel à la sobriété individuelle), sans parvenir à articuler une vision cohérente de la transformation sociale.
Le problème est double.
D’abord, la gauche a perdu sa boussole théorique : le marxisme, qui offrait autrefois un cadre pour penser la sortie du capitalisme, a été discrédité par l’échec des expériences totalitaires communistes du XXe siècle. Pour autant, on ne saurait réduire la critique de Karl Marx aux marxismes et aux régimes soviétiques et maoïstes qui s’en réclamaient ; aujourd’hui le néolibéralisme s’effondre sous le poids de ses propres contradictions — celles que Marx et Engels avaient déjà pointées dans Le Manifeste du Parti communiste de 1848 : la tendance du capital à concentrer les richesses entre quelques mains, à détruire les conditions de sa propre reproduction et à engendrer des crises toujours plus profondes. Utilisons-le pour ce qu’il peut nous apporter, à savoir une grille d’analyse puissante de la société capitaliste.
Ensuite, la gauche est enfermée dans une logique défensive, réagissant aux crises sans proposer de projet mobilisateur. Les solutions qu’elle avance — qu’il s’agisse du revenu universel, de la planification écologique ou de la relocalisation industrielle (piste cependant pointée comme la plus féconde par l’ouvrage collectif Mondes post-capitalistes) — restent prisonnières des contraintes capitalistes. Elles n’attaquent pas la centralité du profit, mais tentent d’en atténuer les effets les plus destructeurs.
Pire : une partie de la gauche, sous l’influence des théories populistes, a renoncé à toute perspective universaliste pour se réfugier dans un agrégat de luttes identitaires et locales. Or, comme le rappelle David Cayla, une alternative au capitalisme ne peut se construire sur la seule indignation. Elle exige un projet de société, une vision de l’émancipation collective et des mécanismes concrets pour y parvenir. À défaut, la gauche se condamnera à être un simple contre-pouvoir moral, incapable de peser sur le cours des choses.
La question qui se pose n’est plus de savoir si le capitalisme peut être sauvé, mais combien de temps il pourra encore se maintenir en détruisant les conditions mêmes de la vie humaine. Nous sommes entrés dans une phase où la politique ne gouverne plus : ce qui domine, c’est la logique du capital, devenue une force autonome, indifférente aux équilibres écologiques et sociaux.
Vers un effondrement organisé ou une issue post-capitaliste ?
À la lecture de ses trois ouvrages récents et de leurs prédécesseurs, deux scénarios se dessinent.
Le premier est celui d’un effondrement organisé, où les élites économiques et politiques maintiendront leur emprise par la force, remplaçant les États-nations dont certains conservent encore une forme démocratique par des logiques impériales, au prix d’une accélération des inégalités, d’une répression accrue et d’une destruction systématique des écosystèmes. C’est la voie tracée par le capitalisme autoritaire : un monde où la démocratie sera une coquille vide, où les libertés individuelles seront subordonnées aux impératifs de l’accumulation, et où la majorité de l’humanité sera reléguée dans une précarité permanente.
Le second scénario est celui d’une transformation post-capitaliste, qui passerait par la reconquête démocratique des moyens de production (on peut d’ailleurs imaginer dans cette optique que soit renouvelée la réflexion sur la planification démocratique, l’autogestion et la co-gestion), la relocalisation des activités essentielles et la réinvention des communs. Comme le montrent les expériences zapatistes au Mexique ou les coopératives autogérées en Europe, des alternatives existent déjà, à petite échelle. Mais pour qu’elles deviennent hégémoniques, il faudrait que la gauche cesse de se contenter de gestes symboliques et qu’elle ose enfin affronter le pouvoir des oligarchies financières.
Cela suppose de rompre avec trois impasses :
- L’impasse technocratique :croire que la crise peut être résolue par des experts ou des ingénieurs, par le technosolutionnisme, sans mobilisation populaire ;
- L’impasse du compromis :penser que le capitalisme peut être domestiqué par des mesures marginales, sans remettre en cause ses fondements ;
- L’impasse catastrophiste :se résigner à l’effondrement, en exacerbant les passions identitaires et en attendant un « grand soir révolutionnaire » qui ne viendra pas.
La sortie du capitalisme, si elle est possible, ne sera ni linéaire ni indolore. Elle exigera des confrontations prolongées, des expérimentations concrètes et une reconstruction des solidarités à l’échelle locale comme globale. Ce que pointe les auteurs, c’est que plus nous tarderons à agir, plus le prix à payer sera élevé. Le capitalisme autoritaire n’est pas forcément la fin de l’histoire, bien qu’il soit en phase de conquête ; mais pour l’empêcher d’emporter la partie, il faut d’abord cesser de croire que l’on peut transiger avec lui.
Dans ce contexte, la gauche se trouve face à un défi historique. Soit elle parvient à articuler une alternative crédible, fondée sur la démocratie économique et la satisfaction des besoins réels, soit elle laisse le champ libre à un capitalisme de plus en plus autoritaire, qui ne survivra qu’en détruisant les conditions mêmes de la vie sur Terre.
Ce choix n’est pas seulement politique, il est désormais éminemment civilisationnel.
Références
(1) Marlène Benquet – La finance aux extrêmes. Enquête sur le capitalisme autoritaire en France, 22 janvier 2026, La Découverte
Marlène Benquet est sociologue au CNRS, directrice adjointe de l’Institut de recherche interdisciplinaire en sciences sociales (Irisso) ; autrice de plusieurs ouvrages, dont Alt-Finance. How the City of London Bought Democracy (avec Théo Bourgeron,2022), Encaisser. Enquête en immersion dans la grande distribution (2015) et Les Damnées de la caisse (2011)
(2) Jérôme Baschet, Laurent Jeanpierre, Mondes postcapitalistes, 19 février 2026, La Découverte
Coordonné par Jérôme Baschet et Laurent Jeanpierre, cet ouvrage réunit près de 80 auteurs et autrices venus de tous horizons. Jérôme Baschet est historien. Il est enseignant-chercheur retraité de l’EHESS et professeur à l’Universidad Autónoma de Chiapas, à San Cristobal de Las Casas (Mexique). Il est notamment l’auteur de Défaire la tyrannie du présent. Temporalités émergentes et futurs inédits (2018) et de Quand commence le capitalisme ? De la société féodale au monde de l’Économie (2024). Laurent Jeanpierre est professeur de science politique à l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne. Il a notamment dirigé, avec Christophe Charle, La Vie intellectuelle en France (2016) et publié In girum. Les leçons politiques des ronds-points (2019)
(3) Romaric Godin, Le problème à trois corps du capitalisme. Sur la gestion autoritaire du désastre (et les moyens de lui faire face), 12 février 2026, La Découverte
Romaric Godin est journaliste à Mediapart. Auteur de La Guerre sociale en France (2019), il codirige à La Découverte avec Cédric Durand la collection « Économie politique »
(4) Arnaud Orain, Le monde confisqué. Essai sur le capitalisme de la finitude (XVIᵉ – XXIᵉ siècle), 2025, Flammarion
Arnaud Orain est spécialiste d’histoire économique et d’économie politique, il est directeur d’études à l’EHESS ; ses travaux portent sur les dynamiques économiques, les théories économiques et leurs implications historiques. Il a publié notamment La Politique du merveilleux : Une autre histoire du système de Law 1695-1795 (2018), Les savoirs perdus de l’économie. Contribution à l’équilibre du vivant (2023) et co-dirigé la publication de Les voies de la richesse ? La physiocratie en question, 1760-1850 (2017)
(5) David Cayla, La gauche peut-elle combattre le néolibéralisme ?, 13 septembre 2024, éditions Le Bord de l’Eau
Il est économiste à l’université d’Angers et chercheur au Granem. Il a notamment publié La Fin de l’Union européenne (2017) avec Coralie Delaume, L’Économie du réel (2018) et Déclin et chute du néolibéralisme (2022)