Culture

Ce monde a besoin d’artistes #1

Robert KINO, allégorie de la pistache
Le Temps des Ruptures part à la découverte d’artistes, passionnés et engagés, pour mettre en avant leur travail et souligner leur importance. Robert Kino, qui vient de sortir son nouvel EP « allégorie de la pistache », ouvre le bal.
Le Temps des Ruptures : Salut Félix (alias Robert Kino), ton dernier EP (extended play) vient de sortir, il s’appelle « ALLÉGORIE DE LA PISTACHE » et c’est un vrai bijou. Ou une pistache, j’hésite encore. Mais alors, qu’est-ce que ce petit fruit à tes yeux, toi qui en plus d’être un musicien se trouve être un cuisinier de profession ? 
Robert Kino :

La pistache, c’est un fruit délicieux mais qui, dans sa forme la plus courante, nécessite d’être épluchée. Pour moi, elle illustre parfaitement un concept de la vie : les hauts et les bas. Les hauts, c’est déguster le fruit, et les bas, c’est le décortiquer. Le propos de mon EP, c’est que, dans la vie, il faut accueillir les bas pour pouvoir pleinement apprécier les hauts, parce que ce sont ces bas qui créent du contraste, et je crois que sans contraste, la vie devient ennuyante.

Le Temps des Ruptures : Musicalement, j’avoue que tu m’épates. Tu composes, tu chantes, tu joues de plusieurs instruments (combien dans l’EP d’ailleurs ?), tu enregistres (dans ton placard m’a-t-on dit) ! Bref, tu fais tout et ça sans aucune autre formation que la tienne, un parfait autodidacte. Comment t’est venue l’envie de jouer et de composer de la musique ? Comment t’es-tu instruit ? 
Robert Kino : 

J’ai commencé la guitare quand j’avais 10 ans, et c’était bien trop dur pour l’enfant impatient et capricieux que j’étais donc j’ai d’abord abandonné, puis je me suis rabattu sur le ukulélé. C’est avec cet instrument que j’ai fait mes premières compositions. J’ai toujours écouté beaucoup de musique (ma soirée de rêve quand j’avais 8 ans : faire du air guitar sur du gros Korn dans ma chambre), mais arrivé au lycée, j’ai découvert un monde avec les chaînes YouTube comme TheSoundYouNeed ou Majestic Casual. Je me faisais aussi les discographies de groupes comme Pink Floyd, Led Zeppelin ou Supertramp. À l’époque je me suis demandé ce que ça donnerait de fusionner la musique électronique et le rock des années 70 et c’est à ce moment-là que j’ai investi dans le classique home-studio starter pack, à savoir ordinateur, carte son, clavier MIDI, micro et enceintes. J’étais plutôt mauvais, et sur le papier il y avait pas mal de chances pour que j’abandonne également, mais étonnement je n’ai jamais arrêté depuis. C’était la première fois que je me plongeais autant dans une discipline et qu’elle ne me lassait pas au bout de deux semaines. Dans l’EP, je chante, joue de la guitare, du ukulélé, de la basse et du piano, mais il n’y rien de très compliqué. Je ne me considère même pas musicien en réalité mais plutôt compositeur. Le truc que j’ai vraiment du apprendre, c’est comment utiliser Ableton, comment réaliser des idées et comment mixer tout ça.

Le Temps des Ruptures : Il y a, me semble-t-il, une dimension très personnelle dans ta musique, dans tes paroles. Et tu la dévoiles avec une forme de légèreté, mêlée d’autodérision, qui rend le tout assez sentimental (je trouve). ALLÉGORIE DE LA PISTACHE nous parle de sentiments ? d’expériences ? 
Robert Kino : 

Les deux. Certains morceaux dans l’EP sont des fictions inspirées d’expériences personnelles, mais elles abordent aussi les sentiments qui vont avec. Les autres chansons parlent directement de moi et sont donc effectivement très personnelles. C’est la première fois que j’utilise vraiment le « je » pour parler de ce que je ressens. Bizarrement avant ça, j’avais beaucoup de mal à écrire à propos de moi, mais cette année, je suis passé par une grosse période de questionnement, donc j’imagine que ça a aidé à débloquer le truc. C’est un projet qui parle beaucoup de moi, et au final je trouve que le fait d’avoir utilisé des personnages et/ou des mélodies légères a rendu la chose beaucoup plus digeste que si j’avais passé 28 minutes à dire que j’étais une merde sur des airs de piano tristes.

Le Temps des Ruptures : Je l’ai évoqué, en plus de la musique, ton terrain de jeu favori c’est la gastronomie, la bonne chère. Qu’est-ce que ces deux disciplines ont en commun pour toi ?
Robert Kino : 

Ce sont deux disciplines qui peuvent être abordées de la même manière. Pour qu’il y ait du fort, il faut qu’il y ait du calme. Pour qu’il y ait de l’acide, il faut qu’il y ait du salé. En fait, en musique, comme en cuisine, il faut chercher l’équilibre avec les nuances.

Le Temps des Ruptures : Ton EP vient tout juste de sortir, mais j’ai tout de même envie de te demander quels sont tes prochains projets et comment tu envisages la suite ? D’ailleurs, est-ce que tu as déjà pensé à donner des concerts (autre part que dans ton placard) ? 
Robert Kino : 

Les concerts, c’est compliqué. Je l’ai dit plus tôt, mais je ne suis vraiment pas musicien. Pour les voix, j’en dois une belle à Auto-Tune, pour les pianos, c’est du MIDI, donc je peux corriger les imperfections à la souris, et pour les cordes, il me faut 3 heures pour enregistrer une boucle de 12 secondes. Donc avant de franchir le cap, il faudra que je me perfectionne techniquement. En tout cas, c’est une idée qui me botte !

J’aimerais beaucoup commencer à créer avec d’autres gens. Que ce soit composer à plusieurs, ou faire de la production pour d’autres artistes. Pour le morceau 5AM, on a composé à deux avec Anaëlle, c’était nouveau pour nous deux mais c’était très enrichissant et on est très fier du résultat !

Sinon, j’ai quelques instrus avec lesquelles je sais pas trop quoi faire et quelques copains qui font de la musique, alors j’imagine qu’il y a quelque chose à faire.

D’une manière générale, ce qui me fait vibrer, c’est de faire la musique que j’aimerais écouter. Alors j’imagine la suite dans la même lancée, mon ordi et moi à la recherche de sons à la fois originaux, sensés et accessibles.

Le Temps des Ruptures : En guise d’au revoir, quelle est ta dernière claque musicale qu’on doit absolument écouter ? 
Robert Kino : 

La dernière claque c’est clairement l’album « Always in a Hurry » de Medasin. J’ai des frissons à chaque fois, il y a tout ce que j’aime. Une batterie bien marquée, des grosses influences jazz et des nappes très aériennes. C’est le parfait mélange entre technique et émotion.

Sinon, plus tôt dans l’année j’ai découvert 100 gecs avec leur album 10,000 gecs et je sais pas trop quoi dire dessus à part que je l’ai beaucoup trop écouté.

 Retrouvez l’artiste sur les réseaux sociaux : 

Instagram : https://instagram.com/robert_kino?igshid=YzAwZjE1ZTI0Zg==

Spotify : https://open.spotify.com/intl-fr/album/3nII4lTSD9Uf4hrK2Uxlt7?si=XLmeSDODQqiNBmIn3Otg3g

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